Nous devons, c’est indispensable, revenir à la notion de club et vers les licenciés, même si l’on ne peut plus le faire de manière habituelle, la société ayant évolué et les mœurs n’étant plus les mêmes. Mais avec les 21 membres que le congrès extraordinaire de Paris nous a donnés, nous pouvons relever ce défi.
Est-ce que vous avez prévu, comme l’a fait Barack Obama, des mesures fortes dès votre entrée en fonction ?
Il ne faut pas nous comparer à des gens aussi importants… Je suis président d’une très grosse fédération, mais il ne s’agit… que de pétanque, si je puis dire. Il n’y est pas question de vie ou de morts pour des millions de gens, mais seulement d’organiser le sport ou le loisir de quelques centaines de milliers de personnes ! Mais il est vrai que l’életion fut un moment de grand plaisir.
J’ai tout de suite pensé à mes amis très proches. Ceux avec lesquels j’ai commencé cette aventure en 1974, dans le Gers. J’ai donc eu une pensée pour eux, et pour tous ceux qui ont compté dans ma vie associative, en m’inculquant la passion de diriger et de créer, d’organiser.
Comment avez-vous découvert la pétanque ?
Je ne devrais pas vous le dire : c’est à l’époque de mon BEPC que j’ai commencé à jouer… J’étais alors avec deux copains du village voisin de Preignan (Gers), où j’habitais. Ils aimaient la pétanque, et nous avons joué pendant le temps des révisions… Heureusement, nous avons tous eu le BEPC. Par la suite, j’ai beaucoup joué au football, un peu au rugby, mais je n’ai jamais cessé de jouer à la pétanque.
J’ai eu ma première licence au club de Montaut-les- Créneaux, en 74 j’ai créé la Boule preignanaise, avant de devenir président départemental du Gers : on était venu me chercher parce que j’avais ouvert la première école de pétanque du département, où nous avions une vingtaine de gosses tous les mercredi. Plus tard, la ligue midi-Pyrénées voulait absolument avoir des représentants à la Fédération, et comme je ne sais rien faire sans le faire à fond, j’ai pris des responsabilités qui m’ont mené où je suis aujourd’hui. Mais tout ça est un peu le fruit du hasard.
Vous semblez tenir tout particulièrement à l’amélioration de la communication de la FFPJP vers ses licenciés.
Nous sommes en 2009 : la FFPJP a fait de gros progrès en matière d’image, mais elle n’a pas progressé dans la communication. Je parle de communication « interne », c'est-à-dire à destination des organes de la Fédération. Nous devons absolument faire passer le pourquoi et le comment de nos décisions, mais aussi réunir les opinions de nos adhérents.
Il ne s’agit pas bien sûr de demander leur avis à 345 000 licenciés, mais de lancer des enquêtes qui nous permettraient d’anticiper et de prévenir certaines incompréhensions. Le but est de rester connecté en permanence avec le terrain. C’est ce qui nous manque aujourd’hui et que je vais m’attacher à développer. On pourrait par exemple lancer une newsletter à destination de tous, membres du bureau fédéral, ligues, comités et licenciés ! Car il y a beaucoup de gens intéressés et intéressants, qui peuvent avoir une seule bonne idée, dont il serait dommage de se passer…
Et cela peut être valable même dans les régions de France où la pétanque et le jeu provençal ne sont même pas de grande tradition. Les bonnes idées sont à pécher partout ! Et ce sera le fait d’une communication importante et bien dirigée, qui nous permettra aussi de mieux nous faire comprendre. C’est ce que nous n’avons pas faits jusque là : nous prenions des décisions sans prendre soin de les expliquer. Cela peut générer une légitime amertume.
Pouvez-vous nous rappeler les grandes lignes de votre projet, au moins ses priorités ?
Je veux absolument unifier les modes de qualification dans les championnats de ligue, tenter d’unifier le fonctionnement de ces championnats de ligue et les regrouper en un seul et même week-end. Les modalités seront définies par le comité directeur et le conseil des ligues. Il faut parvenir à dépoussiérer notre calendrier, qui est surchargé, si l’on veut que d’autres compétitions voient le jour. On va se mettre très vite autour de la table et essayer de faire cette première réforme.
Ensuite, il y a toute une série de mesures à prendre pour que la FFPJP ne dépense que l’argent qu’elle a. Il faudra aussi très certainement revoir les modalités d’organisation des divers championnats de France (je n’ai pas parlé de suppression !). Il faut absolument que le championnat de France minime existe, et qu’il soit redéfini, et ceci avant le mois de juillet prochain, afin que les comités et les ligues puissent être assurés de l’avenir de ce championnat. Mais aujourd’hui, ces championnats ne ressemblent pas toujours à grand-chose.
J’étais à Valence l’été dernier, aux championnats de France jeunes, je me suis attaché à suivre les minimes : 50% d’entre eux savaient à peine ce qu’ils faisaient là. Car dans certaines ligues, il suffit à des équipes de deux ou trois parties pour être qualifiées ! Cela n’est le cas dans aucun autre sport ! La commission des jeunes se chargera de ce dossier, avec la DTN. Je souhaite aussi la création d’une catégorie benjamin, qui aura des compétitions jusqu’au niveau départemental. Les jeunes, c’est important et c’est beaucoup de travail car cela demande de l’encadrement, une notion récente à la pétanque… |