Derrière sa barbe, Patrice Lozano dégage une étrange impression de sagesse, de savoir. L’homme, président de la Fédération andorrane, affiche aussi la difficulté de gérer une structure avec peu de ressources financières, et dont la principale occupation consiste à faire tourner une maison avec des bouts de chandelles. Pour autant, pas de quoi l’empêcher de sourire. Coincée dans les Pyrénées, entre l’Espagne et la France, la Principauté d’Andorre compte environ 85 000 habitants pour 120 licenciés, dans un pays de montagne et de ski, situé à quelque 200 kilomètres de Toulouse. La pétanque, elle, récupère les miettes.
Quand est née la Fédération d’Andorre ?
Elle a été lancée et reconnue par la FIPJP en 1987. Ça nous fait déjà 22 ans d’existence. C’est un grand garçon... A titre personnel, je l’ai d’abord tenue pendant quatre années en tant que vice-président, puis huit comme président, avant de laisser ma place. Et en 2009, j’ai récupéré mon poste pour un nouveau mandat de quatre ans.
Avec quels moyens est-ce qu’elle fonctionne ?
On n’a pas trop de subventions, donc on essaye de faire comme on peut. Très concrètement, ça veut dire qu’on gère nous-mêmes les déplacements avec nos voitures, et la fédé, elle, donne un coup de main pour prendre en charge les frais occasionnés.
Vos joueurs parviennent-ils à s’adapter à ce style de vie ?
Il faut bien. Pour le Championnat d’Europe des Nations, par exemple, nous sommes venus à Nice avec Thierry Laguerre, Bruno Santman et Alexandre Giraud, qui habitent tous les trois en Andorre, même si deux d’entre eux possèdent un passeport français.
Comment est perçue la discipline chez vous ?
En Andorre, on pratique à peu près tous les sports, ce qui est bien pour un pays de 85 000 habitants. Mais le sport majeur est de très loin le ski. La pétanque, elle, a du mal à se faire une place. Le problème principal est que les gens n’ont pas envie de s’investir. Et ça, malgré l’influence du sud-ouest de la France.
|
De quelle manière y faire face ?
On essaye de se développer en faisant venir des moniteurs pour la formation, mais là-aussi, on manque de moyens.
A ça, il faut ajouter le fait qu’on n’a presque pas de terrains couverts et que nous devons jongler avec des conditions climatiques difficiles.
Chez nous, l’hiver commence au mois d’octobre et se termine en juin. Jouer sous la neige, ça peut faire de belles photos, mais pour le beau jeu... |
Surtout que vous ne pourrez pas faire grand-chose contre ça...
C’est certain. D’ailleurs, on a crée un National qui amène en général autour de 150 équipes, ce qui est remarquable dans la mesure où les gens doivent faire un déplacement d'au moins 80 kilomètres. Les conditions sont différentes des tournois de proximité. Pour venir chez nous, il y a une démarche importante à effectuer et ça limite d’autant le nombre de participants et le développement de notre épreuve. Mais on fait avec.
Où en êtes-vous en termes de résultats sportifs ?
Jusque-là, notre meilleure performance reste un huitième de finale au Championnat du monde en 2006. Les bons résultats, c’est d’ailleurs ce qui nous fait encore défaut. C’est comme cela qu’on se fera remarquer. Aux Jeux des petits états à Monaco, il y a deux ans, on a obtenu une médaille de bronze. C’est déjà un début.
Et cette saison ?
Aux Jeux Méditerranéens, on s’est fait éliminer par les Italiens. Mais ils étaient à domicile et ont eu de la chance. Comme au foot... Au Championnat d’Europe, on ne passe pas le premier tour, malgré deux victoires contre la Slovaquie et le Luxembourg. Mais dans notre groupe il y avait la Turquie et l’Espagne, le futur finaliste. C’était trop haut pour nous...
Fédération d'Andorre (FAP)
Federacio Andorrana de Petanca
Membre de la FIPJP depuis 1987
Nombre de licenciés : 120
Président : Patrice Lozano
Contact : andorre@fipjp.com |
|
|