Hector, que vous a apporté la pétanque ?
Tout. Elle m’a tout apporté. Elle m’a surtout sauvé la vie. J’ai été victime d’un grave accident de la route qui m’a privé de l’usage de mes jambes à 22 ans. Pendant les deux années de ma rééducation, j’ai recommencé à jouer à la pétanque. Je pratiquais déjà auparavant, mais une fois en fauteuil roulant, il faut tout reprendre à zéro.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile à surmonter ?
Le regard des gens. Avant de revenir sur les terrains, j’avais attendu de retrouver un niveau acceptable. Mais je redoutais principalement d’avoir à affronter les autres. De provoquer la pitié.
J’ai eu la chance d’être soutenu par un grand nombre de joueurs, dont Vito Giammalva, aujourd'hui disparu, ou encore Henri Lacroix et Philippe Quintais, qui m’ont proposé de jouer avec eux.
Ça va vous paraître bizarre, mais je me dis parfois que sans cet accident, je n’aurais peut-être pas eu cette opportunité.
En tout cas, c’est grâce à la pétanque que j’ai eu le sentiment de redevenir "normal". Et si je parviens à faire oublier à ceux qui me regardent que je suis dans un fauteuil, alors c’est ma plus belle récompense. |
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Vous avez pratiqué d’autres sports ?
Après l’accident, j’ai d’abord fait du tir à l’arc. J’ai même obtenu une dixième place au Championnat de France. Puis j’ai été champion d’Europe de tennis de table en 1991 et j’ai participé aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992. Je suis ensuite revenu à la pétanque pour des problèmes de tendon. Ça a l’avantage d’être moins exigeant, même si ça reste un exercice compliqué. C’est d’ailleurs pour cette raison que je m’entraîne tous les jours.
On dit que la pétanque est un milieu individualiste. C’est votre sentiment ?
C'est tout le contraire. Un jour, j’ai endommagé ma voiture, et je n’avais pas les moyens de la remplacer. Des amis du monde de la pétanque m’ont alors proposé de collecter des fonds.
Le résultat a dépassé les attentes : en deux moins, ils ont récolté environ 13000 euros, de toute la France. Une telle solidarité ne peut que vous toucher. Ça donne l’envie de continuer à se battre et se lever tous les matins avec d’autres défis à relever.
Repères
Il existe deux fédérations sportives agréées en France, correspondant aux différents types de handicaps : la Fédération Française du Sport Adapté (handicap mental et troubles psychiques), et la Fédération Française Handisport (handicap moteur, visuel et auditif).
Les deux sont multisports et totalisent environ 60 000 licenciés (40 000 FFSA, 20 000 FFH).
FFSA
La Fédération Française du Sport Adapté (FFSA) a reçu délégation du Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative pour organiser, développer, coordonner et contrôler la pratique des activités physiques et sportives des personnes en situation de handicap mental, intellectuel ou psychique.
» Plus d'informations sur : www.ffsa.asso.fr
FFH
Depuis 1954, date de création de l’Association des Mutilés de France, le mouvement sportif Handisport a connu une importante évolution. En 1963, elle devient la Fédération Sportive des Handicapés Physiques de France (FSHPF). En 1973, la FSHPF devient membre du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). En 1977, elle change de dénomination pour devenir la Fédération Française Handisport (FFH).
» Plus d'informations sur : www.handisport.org |