Bienvenue sur le site du magazine Boulisme | Abonnez-vous à la newsletter hebdomadaire :
Accueil


Magazine Boulisme
 
Newsletter Boulisme
 
Boulisme recrute
Les femmes à leur place
Alors que le total des licenciés est en baisse continue depuis 2000, les femmes sont de plus en plus présentes dans un milieu culturellement masculin, parfois machiste. La pétanque est-elle en passe de se féminiser ?
 
© Marc Pheulpin
La pétanque n'est plus la chasse gardée des hommes.

Signe d’un intérêt nouveau ou discret changement de mœurs, la pétanque semble bien être en train de se tourner vers les femmes. Un monde au royaume des hommes. La présence féminine dans la discipline n’a certes rien de nouveau. C’est la place qu’elle occupe qui a changé.

Pendant des années, le terrain de pétanque fut le lieu de rendez-vous exclusif des hommes. L’occasion de partager des moments « calmes », loin des siens. Les femmes en revanche, étaient là quand un concours se préparait. Il fallait bien quelqu’un pour ravitailler ces messieurs et veiller sur les petits. Comme si la pétanque se faisait un malin plaisir à entretenir les clichés et forcer le trait des égoïsmes masculins les plus irrécupérables.

Et quand elles s’essaient à jeter une boule, elles sont forcément tancées. « Les femmes ont la détestable manie, écrit Francis Huger en 1963 dans son livre Les fadas de la pétanque, d’envoyer la boule par-dessus la main, de sorte que le jeu, le travail, le rôle du poignet est réduit à la plus désopilante banalité. Un poignet de femme à la pétanque est un poignet mort, inutile et forcément bafoué. » Grande délicatesse…

Si un grand nombre en riait encore à l’époque, aujourd’hui ce genre de propos sonnerait comme une déclaration de guerre. Car les temps ont changé.

A la pétanque, comme ailleurs, les femmes ont pris confiance, affirmé leurs qualités et imposé le respect dans tous les domaines : au sein des instances fédérales comme à la direction des clubs, dans les écoles de pétanque et jusque dans le corps arbitral. Et bien sûr dans les compétitions, où elles ont confirmé, par leurs performances, ce que les hommes tentaient de se cacher : au jeu de boules, les différences entre hommes et femmes s’amenuisent.

© Marc Pheulpin

Plus difficile, dès lors, de justifier l’existence de concours réservés à des « féminines » (étrange intitulé) qui s’inscriraient sans doute plus facilement dans les tournois seniors si elles s’y sentaient les bienvenues. Car rien n’est gagné, le machisme n’est pas mort et au titre sportif, le retard pris est encore trop grand pour que ces dames rivalisent à armes égales.



Pourtant, les choses avancent, lentement. Dans les écoles de pétanque et les cours de récréation, les petites filles apprennent, tandis que partout ailleurs les femmes s’imposent. Cet été, de Marseille à Nice, en passant par Millau et Nîmes, les terrains de boules de l’hexagone ont vu défiler des femmes de tous les âges, tous les niveaux. Une redistribution des rôles sous forme de grande et belle nouvelle.

Car, à l’heure où la discipline perd une partie de ses licenciés, que le fossé entre l’élite et les autres se creuse de jour en jour, elle ne peut se permettre d’égarer aussi sa convivialité. Les compétitions féminines, au même titre que celles des jeunes, assument ce rôle souvent oublié dans les tournois masculins.

Borély, la Promenade des Anglais ou le parc de la Victoire l’auront rappelé à chacun : la pétanque doit se partager entre tous, sans différences de traitement. Les rêves peuvent aussi devenir réalité...

 

 Les grandes dates

1976 : 1er championnat de France doublette (Tours).
1988 : 1er championnat du monde feminin doublette (Palma de Majorque, ESP).
1996 : 1er championnat du monde féminin triplette (Pori, FIN).
2003 : 1er championnat de France triplette (Rodez).

 
Hervé Basset avec Marc Pheulpin, Boulisme.
Photos : © Marc Pheulpin.
 
 
© 2012 Boulisme.com
|
|
|
|
|
|
|