Le règlement est-il plus difficile à appliquer aujourd’hui ?
En fait, j’aurais tendance à dire qu’il est plus aisé à appliquer de nos jours. Je m’explique. L’évolution des aires de jeux pour des raisons de place ainsi que d’organisation, nous ont conduits à jouer désormais très souvent non plus en terrain libre, mais cadré.
Donc un règlement plus adapté dans le cadre d’un déplacement de but, plus facile à gérer. C’est également le retour à un but de diamètre nominal à 30 mm. Avec l’arrivée d’un cercle rigide de 50 cm, il y a moins d’ambiguïté pour la bonne mesure, de même qu’il est plus aisé d’avoir les deux pieds dans le rond.
Sur les terrains vous véhiculez l’image d’un arbitre inflexible...
Je veille tout simplement à la bonne application du règlement par respect à l’égard des joueurs, organisateurs et spectateurs. Pour ce qui concerne le partage désormais autorisé, le contrôle est effectué pour veiller à la plus grande sportivité. Lorsqu’une faute, une irrégularité est commise et que la sanction s’impose, j’explique toujours le pourquoi du comment.
En phase finale, confronté à une organisation qui manque de lumière, je n’hésiterai jamais à trancher en reportant la finale. Il en va de même avec l’arrivée de conditions climatiques extrêmes, lesquelles ne permettent plus le bon déroulement des parties.
Quel regard portez-vous sur la pétanque aujourd’hui ?
J’ai le sentiment aujourd’hui d’une réelle évolution dans la conduite adoptée en termes de stratégie et qualité de jeu, avec plus de tir. Sur un autre plan, on constate que les mentalités ont changé et pas forcément en bien.
On rencontre sur les terrains moins de respect, de convivialité. L’individualisme lié à l’argent a pris le pas. Du coup, on voit de plus en plus de nostalgiques parler de la pétanque à travers des clichés d’hier.
Comment se traduit l’arrivée des femmes et des jeunes dans la pétanque ?
Le mixte est de plus en plus prisé et respecté, ce qui se traduit par un niveau de jeu en constante progression pour les femmes. Pour ce qui concerne nos jeunes, nous rencontrons beaucoup de difficultés pour les attirer malgré les efforts conjugués de nos éducateurs, des clubs et des villes. La mise à disposition de structures plus adaptées doit nous permettre de répondre davantage à leur attente, mais ils sont tellement sollicités par ailleurs...
Il faudrait peut-être imaginer pour eux une forme de pétanque plus attractive, proposer un nouveau concept. Le nouveau licencié nous le trouvons à partir de 45 ans, avec une pratique plus loisir tournée vers son club.
Où en sommes-nous de la formation des arbitres ?
Aujourd’hui, c’est de plus en plus difficile de renouveler le corps arbitral. A cela plusieurs raisons. D’abord, l’image négative véhiculée par une certaine minorité de joueurs sur les terrains. Mais aussi la durée des compétitions ou encore les déplacements.
Nous travaillons actuellement avec la commission d’arbitrage sur un projet de formation étalé sur plusieurs mois, validé par un examen conformément au règlement. La difficulté réside à faire coïncider les impératifs du calendrier avec la disponibilité de chacun. |